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  “Comment vivre avec le terrorisme ?” Se demande la Presse

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  “Comment vivre avec le terrorisme ?” Se demande la Presse

 

[…] Il est très intéressant de voir comment la presse (les journaux) construisent les événements (attentats terroristes).

Car les éléments saillants des schémas développés dans les articles (tout en sachant que le schéma n’est pas toujours complet) révèlent les perspectives discursives adoptés par chaque journal.

Sachant aussi que le lecteur, est par défaut, dans la position de la victime, l’analyse des discours gagne à dégager les figures privilégiées.

Car la place que chaque “discours” réserve au lecteur, dans la saisie des événements, peut être mieux comprise.

Généralement, les termes choisis visent à établir un lien fort entre l’attentat et les lecteurs, notamment, les victimes.

“Nous sommes de nouveau dans la classe d’événements liés au terrorisme – islamiste – et ce nouvel événement doit se lire à partir de cette classe”, Audrey Crespo-Mara, publié le 27/ 08/ 2016, après les attentats de Nice.

L’information est donc construite sur le fait que l’événement s’explique par sa similitude avec les précédents (Sous-entendu : “Il y a de fortes chances pour que l’attentat soit à nouveau l’œuvre d’extrémistes islamistes, etc”).

   Attentat de Nice : “14 juillet 2016”

“Le retour du cauchemar : 90 morts en seulement 4 minutes et 20 secondes sur la promenade des Anglais”, Audrey Crespo-Mara, journaliste de LCI, publié, le 15 juillet 2016.

Avec un surtitre informationnel nominalisé (à mi-chemin entre information et référence) et un titre référentiel, la “Une de LCI” fait nettement prévaloir l’état sur la surprise, renvoi à l’histoire récente et donne à lire le nouvel événement sur le fond historique des autres attentats.

La conjonction des termes “retour” et “cauchemar” place donc bien l’attentat dans l’ordre des actes du terrorisme islamiste.

La présence d’une référence dominante avec cette anaphore peut signifier aussi que le journal construit sa titraille de “Une” comme un bloc de renvoi (au monde et à l’histoire) absolument indispensable pour ensuite comprendre l’événement.

Ce bloc est d’ailleurs marqué visuellement puisqu’il s’affiche en caractères gras, noirs sur blancs.

 

Il faut noter aussi, paraissant à la “Une”, le titre du journaliste de Thierry Ardisson : “L’HORREUR RECOMMENCÉE”.

Également, anaphorique, il fait écho terme à terme au sous-titre de l’article principal et martèle la “bonne” interprétation de l’événement.

Par une nouvelle juxtaposition des termes “horreur” et “recommencée”, le titre flèche le parcours interprétatif que doit accomplir le lecteur.

  L’annonce des attentats :

Dans les deux cas, les titres sont anaphoriques : ils renvoient à l’histoire.

Cette histoire est complexe puisqu’elle est à la fois, mais de façon non-exhaustive, celle des attentats précédents et celles des relations diplomatiques entre la France et le pays d’origine du groupe présumé coupables de ces attentats, l’Algérie.

Les deux titres contribuent donc à inscrire le discours dans une suite d’événements qui détermine la bonne compréhension de l’événement présent.

En prenant les travaux de Paul Ricoeur (philosophe français) on peut rappeler que la mise en récit d’un événement (lorsque celui-ci s’inscrit sur un fond historique, une mémoire) exige la prise en compte d’un “triple présent”.

L’événement est à comprendre comme “présent des choses passées” que signalent ces titres anaphoriques, “présent des choses présentes” qui est le fait même et “présent des choses futures” repérables dans l’ouverture vers le futur opérée par le titre informationnel principal.

Le triple présent est donc nécessaire à la mise en récit complète de l’événement qu’est cet attentat de “Nice sur la promenade des Anglais”.

 

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